Le chemin de la santé commence ici

Dans le programme scolaire 2005 de l’Ontario pour les élèves de la 1ère à la 8e année, on peut lire ceci à propos de l’éducation en matière de santé et d’activité physique :

« Les sujets liés à une saine alimentation comprennent la nutrition, les troubles de l’alimentation, l’image corporelle et la santé dentaire. Les élèves ont besoin de connaissances pour faire des choix alimentaires sains. Armés de ces connaissances, ils examineront leurs propres choix et habitudes alimentaires afin qu’ils puissent prendre des décisions judicieuses et établir des objectifs appropriés. Les élèves plus âgés en apprendront plus sur les facteurs qui influencent le poids corporel et qui contribuent aux troubles de l’alimentation, ce qui les aidera à se créer une image corporelle saine. Dans le volet vivre en santé, on insistera sur l’importance d’une saine alimentation et de l’activité physique. »
[traduction non officielle]

La santé dentaire fait partie intégrante d’une bonne santé globale. Cependant, nos enseignants omettent souvent de mentionner que  l’argent qu’il faut débourser pour protéger la santé de nos dents et de nos gencives doit provenir de nos propres poches (à moins de figurer parmi les quelques chanceux qui sont couverts par des assurances privées). Pour les personnes vivant aux prises avec les nombreux stress engendrés par le VIH-sida, le fardeau financier de l’hygiène dentaire peut être bien pesant. Les pères de la Loi canadienne sur la santé ont fait mouche lorsqu’ils ont souligné les cinq principes suivants : la gestion publique, l’intégralité, l’universalité, la transférabilité et l’accessibilité. Ils ont toutefois omis d’insister sur le remboursement obligatoire des médicaments par le système de santé (en dehors du contexte hospitalier) et d’inclure les soins dentaires de base sous les principes de l’intégralité et de l’accessibilité.

Le CCSAT maintient depuis longtemps que les PVVIH sont particulièrement vulnérables aux problèmes dentaires à cause de l’affaiblissement de leur système immunitaire et ce, peu importe si elles suivent une trithérapie ou pas.

Nous savons aujourd’hui que la séropositivité n’est pas un prétexte légitime pour négliger le traitement des problèmes dentaires, quels qu’ils soient. Rappelons qu’il y a quelques années, on présumait  que les PVVIH ne devaient pas subir certaines interventions telles qu’un traitement de canal et qu’il ne fallait pas administrer de soins dentaires aux personnes ayant un faible compte de CD4+.

De nos jours, il arrive encore que des PVVIH se voient refuser un traitement dentaire et ce, malgré la déclaration suivante faite par l’Association dentaire canadienne (ADC) à l’occasion de la Journée mondiale du sida 2007 : « L’ADC a fait preuve de leadership dans la réalisation de recommandations pour les soins du patient et la dissémination de l’information dans la communauté dentaire au Canada depuis le début de l’épidémie. » - Dr Joel Epstein.

Il est maintenant largement reconnu que toutes les interventions et tous les dispositifs, y compris la chirurgie périodontique, le traitement de canal, les appareils orthodontiques (broches et appareils de rétention), les implants, le blanchiment et les ponts sont efficaces et sans danger, peu importe l’état immunitaire du patient.

Les décisions concernant ces interventions doivent être prises par l’individu séropositif en consultation avec son dentiste. Même si les dentistes recommandent à tout le monde de faire l’objet de soins dentaires de routine pour prévenir les problèmes de santé buccale, cela est particulièrement important pour les personnes vivant avec le VIH. Entre autres, on doit insister sur l’importance de la prévention parce que les personnes immunodéprimées ont besoin d’éviter les infections bactériennes. Les deux principaux problèmes dentaires, soit la carie et la maladie périodontique, sont causés par des bactéries et risquent d’être exacerbés par d’autres facteurs.

Le coût de ces interventions est prohibitif pour les personnes qui doivent déjà assumer des frais médicaux onéreux.

Très conscient de cette situation, le CCSAT a décidé de rédiger une déclaration de principes pour comparer les coûts des soins dentaires dans d’autre pays à ceux en vigueur au Canada, ainsi que pour évaluer la situation dans chaque province et territoire. Le document recommandera que ces coûts soient assumés par le gouvernement pour les PVVIH canadiennes ayant un faible revenu et celles n’ayant pas d’assurance privée. On prévoit examiner les définitions des soins dentaires « de base » en vigueur dans les divers régimes d’assurance publics et privés. On tentera également d’estimer les coûts additionnels que les gouvernements seraient tenus d’assumer pour aider les PVVIH à faible revenu à obtenir des soins dentaires de base. Quelques options en matière de réduction des coûts, telles que l’évaluation des moyens financiers des bénéficiaires et l’imposition de franchises, seront examinées également.

Le programme Trillium de l’Ontario est un exemple d’un régime de remboursement des médicaments onéreux qui pourrait être élargi pour inclure la couverture des soins dentaires. Lorsque les militants de lutte contre le sida de l’Ontario se sont battus pour forcer la création du programme Trillium, la portée de celui-ci a été étendue afin d’offrir de l’aide à tous les Ontariens à faible revenu qui devaient débourser beaucoup d’argent pour les médicaments. Autrement dit, les militants ont marqué une belle victoire au profit de tous les Ontariens et Ontariennes.

Comme vous le savez peut-être déjà, le CCSAT est en train de finaliser un document qui préconisera l’établissement d’un programme national de remboursement des médicaments onéreux. En défendant ainsi les intérêts des PVVIH, nous favoriserons en même temps la création d’un programme national qui profitera à tous les Canadiens et Canadiennes en fonction de leurs besoins et non en fonction de leur maladie ou de leur déficience spécifique.